Votre logement vient d’être squatté, et vous ne savez pas par où commencer. La réponse directe : deux voies coexistent en 2026 pour expulser un squatteur : la procédure administrative rapide via le préfet, et la procédure judiciaire via le tribunal. Le choix dépend de votre situation, mais dans les deux cas, chaque heure compte.

J’ai vu des propriétaires perdre des semaines en prenant la mauvaise décision dès le départ. L’objectif de ces lignes, c’est vous éviter ça : comprendre la procédure, choisir la bonne démarche, et faire quitter votre domicile aux squatteurs dans les meilleurs délais.

Le cadre juridique a évolué. La loi « anti-squat » de 2023 a renforcé les droits des propriétaires, et 2026 pourrait encore faire bouger les lignes, notamment autour des locations de courte durée.

Qu’est-ce qu’un squatteur au sens de la loi ?

Un squatteur est une personne qui s’introduit dans un logement sans l’autorisation de son propriétaire et s’y maintient sans droit ni titre. La distinction avec un locataire en impayé est fondamentale : le locataire a signé un bail, le squatteur n’en a pas.

La notion de domicile est centrale dans la loi. Un squatteur qui occupe la résidence principale ou secondaire d’un propriétaire tombe sous le coup d’une infraction pénale spécifique, ce qui ouvre la voie à une procédure administrative accélérée.

Ce qui ne relève pas du squat

Attention à ne pas confondre squat et litige locatif. Un locataire en impayé n’est pas un squatteur : il dispose d’un bail, et seule la procédure judiciaire d’expulsion classique s’applique. Un occupant sans titre à l’issue d’un bail expiré ne relève pas non plus du squat au sens strict.

Je vous conseille de vérifier soigneusement votre situation avant d’agir : engager la mauvaise procédure vous fera perdre un temps précieux et, parfois, de l’argent.

  • Locataire en impayé : procédure judiciaire classique obligatoire
  • Occupant dont le bail a expiré : commandement de quitter les lieux via commissaire de justice
  • Hébergé qui refuse de partir : qualification variable selon le juge

Le cadre juridique depuis la loi anti-squat de 2023

La loi du 27 juillet 2023 a renforcé l’arsenal juridique des propriétaires. Elle a élargi la définition des infractions liées au squat, durci les sanctions pénales et assoupli les conditions d’accès à la procédure administrative d’évacuation forcée.

Depuis ce texte, le préfet dispose de 48 heures pour notifier une mise en demeure aux squatteurs d’un domicile. C’est l’avancée la plus concrète de cette loi pour les propriétaires victimes d’une occupation illicite.

[callout titre=’Le chiffre à retenir’]La loi anti-squat de 2023 a ramené à 48 heures le délai de mise en demeure préfectorale pour un domicile squatté, contre plusieurs semaines auparavant via la seule voie judiciaire.[/callout]

Comment expulser un squatteur ?

La procédure dépend du type de bien et de l’ancienneté de l’occupation. Voici les étapes à suivre dans le cas le plus courant : votre domicile : résidence principale ou secondaire : a été squatté.

  1. Déposez plainte immédiatement auprès du commissariat ou de la gendarmerie pour violation de domicile, avec votre titre de propriété et tout justificatif liant le bien à votre domicile.
  2. Rassemblez vos preuves : photos datées, témoignages, relevés, tout ce qui montre que vous êtes propriétaire et que l’entrée dans les lieux n’était pas autorisée.
  3. Adressez une demande écrite au préfet du département, par lettre recommandée avec accusé de réception, en joignant la plainte et le titre de propriété.
  4. Le préfet notifie la mise en demeure sous 48 heures. En cas de refus de quitter les lieux, il peut ordonner l’évacuation forcée avec le concours des forces de l’ordre.
  5. Si la voie administrative ne s’applique pas ou échoue, saisissez le tribunal judiciaire en référé pour obtenir une ordonnance d’expulsion.
  6. Une fois l’ordonnance obtenue, un commissaire de justice signifie la décision aux occupants et organise l’expulsion si nécessaire.

Mon conseil : ne sautez aucune étape. Un dossier incomplet transmis au préfet peut retarder toute la procédure de plusieurs jours précieux.

[callout titre=’Le bon réflexe’]Ne tentez jamais d’expulser vous-même les squatteurs en coupant l’eau, le gaz ou l’électricité : cette voie de fait expose le propriétaire à des poursuites pénales. Passez toujours par les voies légales.[/callout]

Commissaire de justice remettant une ordonnance d'expulsion

Les infractions pénales et sanctions en 2026

Le squat d’un domicile est une infraction pénale. Depuis 2023, s’introduire ou se maintenir sans droit dans le logement d’autrui est puni de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. Les sanctions ont été significativement alourdies par rapport à l’ancien régime.

La loi a aussi créé de nouvelles infractions : diffuser en ligne des informations permettant de squatter un logement est désormais punissable. Le législateur entendait couper court aux pratiques qui facilitaient l’occupation illicite de biens immobiliers.

Squat et locations de courte durée : une zone grise persistante

Vous vous demandez si un voyageur en location saisonnière qui refuse de quitter votre logement est considéré comme un squatteur ? C’est une vraie question. La réponse n’est pas si simple : ces situations entrent dans une catégorie juridique à part, et la procédure préfectorale accélérée ne s’y applique pas toujours clairement.

Des discussions législatives en cours en 2026 visent à étendre la protection des propriétaires à ces cas spécifiques. Pour la gestion courante de votre bien en copropriété, un outil de syndic de copropriété en ligne peut simplifier vos démarches administratives parallèles.

Les bons gestes dès le premier jour

Chaque jour d’attente renforce la position des squatteurs sur le terrain, même si la loi reste de votre côté. Mon conseil : agissez dans les premières heures, pas les premiers jours.

  • Ne coupez jamais les accès (eau, gaz, électricité) vous-même : voie de fait illégale
  • Documentez tout dès la découverte : photos datées, témoignages écrits
  • Faites établir un constat officiel par un commissaire de justice
  • Déposez plainte sans attendre, même sans dossier complet
  • Vérifiez si votre bien est éligible à la procédure préfectorale ou uniquement judiciaire

Si votre bien est impliqué dans une procédure de logement social, une occupation illicite peut compliquer les démarches en cours. L’article sur l’avis favorable commission d’attribution apporte un éclairage utile sur les critères retenus.

Questions fréquentes

Quelle est la nouvelle loi concernant l’expulsion des squatteurs ?

La loi du 27 juillet 2023, dite loi « anti-squat », est le texte de référence. Elle a durci les sanctions pénales, élargi la procédure administrative permettant une expulsion en 48 heures pour les domiciles squattés, et créé de nouvelles infractions liées à la facilitation du squat. En 2026, ce cadre juridique reste en vigueur, avec des discussions pour l’étendre aux locations de courte durée.

Quelle est la loi prévue pour protéger les squatteurs en 2026 ?

Il n’existe pas en 2026 de loi visant à protéger spécifiquement les squatteurs. La tendance législative depuis 2023 va dans le sens inverse : renforcement des droits des propriétaires et durcissement des sanctions contre l’occupation illicite. La trêve hivernale, qui suspend les expulsions locatives entre novembre et mars, ne s’applique pas aux squatteurs au sens strict de la loi.

Quelle est la procédure pour expulser un squatteur ?

Deux voies existent : la procédure administrative via le préfet, réservée aux domiciles squattés et permettant une évacuation en 48 heures après mise en demeure, et la procédure judiciaire via le tribunal judiciaire en référé, applicable à tous types de biens. Dans les deux cas, déposer plainte et réunir des preuves de propriété sont indispensables. Le commissaire de justice intervient pour notifier et exécuter la décision d’expulsion.

Quel est le délai pour expulser des squatteurs ?

Le délai varie selon la voie choisie. La procédure administrative préfectorale permet une évacuation en quelques jours (48 heures de mise en demeure, puis intervention des forces de l’ordre). La voie judiciaire prend généralement plusieurs semaines selon la charge des tribunaux. Agir dès le premier jour reste déterminant pour raccourcir ce délai.

Nadia Berthier

Écrit par Nadia Berthier

Passionnée d'immobilier, Nadia décrypte l'achat, la vente, la location et le crédit pour les particuliers. Sur Immo Flex, elle répond aux questions concrètes qu'on se pose avant de signer.